5 tagged articles Scotch

Le rideau s'abaisse... 20/06/2018


« L'université est une nouvelle grande étape.. »
  
Septembre. Automne 2018. 
Bon. Il est temps de se réveiller. Je cherche l'heure, toujours aussi amorphe après ma journée à...ne rien faire. 18:14, il faut que ça cesse, avec ou sans ma volonté. 
...

Étant classée 59ème dans le classement mondiale, mon université réalise mon rêve de faire des études prestigieuses. Médecine humaine. 140 chances sur 600, une aventure difficile et épuisante.
Némo
 

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Scotch - Avant première 26/06/2018

 

Scotch 
- Commencée en 2018 -
MOMENTANEMENT EN PAUSE




Lorsque le départ devient possible ;
« On déménage. »


Lorsque changer n'est plus un simple rêve ;
« « Libre »
Qui n'est pas en captivité ;
Qui a le pouvoir d'agir selon sa volonté ;
Qui ne subit pas de domination arbitraire ;
Qui n'a pas d'engagement. » 
 
Lorsque deux personnes diamétralement opposées se rencontrent, une étincelle surgit ;

«- Alors comme ça on veut vivre la vie sauvage ? »
 
« Je veux changer, être comme toi. »
 
Lorsqu'ils sont trop différents pour se comprendre ;

« - Vas-y, fais le, je suis insensible à la douleur.
-Mon cul ouais. »
 
Lorsque le conte de fée se transforme en quête épique ; 


« Sauve moi, bébé... »
 
« - Toi, une Fiona ?
- Et tu es mon Shrek, je lui susurre à l'oreille. »
 
Liste de prévenus : Hinata1999  ; solxdad ; darkprincess2    





Chapitres en ligne :
R.E.P.E.R.T.O.I.R.E 



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Warning : Langage fleuri et présence d'une jeunesse vivant avec les substances illicites
Némo.

Tags : Scotch

Nouvelle aventure. 23/12/2017

 
 
 
 
 « Une nouvelle façon d'écrire pour une nouvelle fiction. » 
 
 
Il est temps de passer le cap de Lina, une fille un peu trop amoureuse et de commencer une nouvelle aventure. C'est avec appréhension que j'aimerai vous présenter mon nouveau projet, celui qui me travaille depuis plusieurs mois. Elle s'appellera Scotch, le pourquoi ? Je vous laisse lire. De quoi parlera mon prochain bijou ? D'une rencontre flash entre Marie, un petit oiseau pris au piège dans une cage d'or et Ethan, son exact opposé, le punk grognon. C'est un scénario cliché, comme ce que je tente de revisiter à chaque fois, et je pense être créative sur la façon d'écrire cette belle histoire.
 
Comment je compte m'y prendre ? Honnêtement, après ma trentaine de pages pour le TM, je n'ai pas encore la motivation d'écrire une histoire complète, j'ai une petite idée en tête : Écrire des extraits complets de l'histoire et faire avancer l'histoire petit à petit. Ce n'est pas par pure flemme que je fais ça, j'aimerais proposer un mélange entre mes Drabbles et l'énorme histoire de Lina, un juste milieu. Je n'ai pas encore l'exacte longueur des chapitre mais j'ai une bonne nouvelle, deux sont déjà écrits et reposent tranquillement sur mon PC. Le premier est le prologue de cette histoire et le deuxième n'entrera en scène que plus tard, quand l'histoire prendra un tournant décisif. 
 
« Je vous prépare de belles choses, je vous le promets. »
 
 
________________________
 
Ceux qui l'on lu adore déjà, j'ai hâte de vous faire lire ce nouveau petit monde.  
Et Joyeux Pré-Noël ! 
 
 
Némo

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Scotch - Prologue 24/12/2017

 

Dis Ethan, pourquoi tu fumes de l'herbe ?
J'ai l'impression de flâner après.
 
Alors pourquoi tu m'a appelé pour que je vienne ?
J'avais pas envie de rester seul et comme t'es la seule assez conne pour venir dès que je t'appelle, bah j'ai appelé.
 
C'est pas gentil ça. Dis, pourquoi t'as gardé mon numéro si je suis si conne ?
Malgré ça, tu restes une fille marrante.
 
Pourquoi tu continues à ne pas vouloir me percer les oreilles ?
Car tes oreilles sont bizarres et une blonde percée de partout n'est pas beau.
 
Tu te préoccupes de moi ? C'est mignon. Moi j'aime bien tes cheveux bruns en bataille et tes piercings.
Non mais ça me ferait chier si tu venais à avoir une infection, je me retrouverais seul, comme avant. Hum, je vois pas pourquoi t'aimes mes piercings, ils ont été fait y a une plombe.
 
Pourquoi ne pas avoir appelé l'autre ? Celle qui ne jure que par toi.
Elina ? Elle est pas marrante et trop vulgaire. Je t'ai appelé parce que je voulais de la compagnie pas une salope qui n'attend que je la saute contre un mur.
 
On dirait un compliment, merci. Pourquoi avoir dit qu'une blonde percée n'est pas beau ? Sara l'est bien elle.
Sara a le look qui va avec, pas toi. Pourquoi vouloir te percer les oreilles alors que tes parents te l'ont toujours refusé  ?
 
J'ai envie de te ressembler, tu parais tellement libre. J'ai pas de look, c'est ça ? Je suis moche ?
Je suis pas libre, t'as besoin de lunettes. C'est pas que t'es hideuse mais il te manque quelque chose, t'es bien une fille à papa ? Pourquoi traîner avec moi ?
 
Merci mais je crois que ma vue est parfaite. Donc je suis pas à ton goût ? Moi je croyais que je serais plus déjantée avec un tatoo et un ou deux piercings.
Déjanté rime pas toujours avec punk, t'as des problèmes. Arrêtes tes conneries, t'as les yeux bleus et un moyenne de dix-huit sur vingt. Changes pas.
 
T'as pas répondu à ma question d'avant. Les punks déjantés et intelligents n'existent pas ? Je serais la première.
Quelle question ? Et bon courage, Marie.
 
Est-ce que je suis à ton goût ? Merci Ethan, donc vas-y perce moi l'arcade.
T'es chiante quand tu t'y mets. Non je te percerais pas.
 
Allez quoi, je suis insensible à la douleur.
Oublis pas la crise de larmes que tu m'as fait quand t'as tenté d'escalader le grillage. Insensible, le reste de ma beuh si c'est vrai.
 
Pourquoi tu réponds pas à ma question ? Ça veut dire que je te plais pas, n'est-ce pas ?
Bordel de merde, oui tu me plaît ! Maintenant laisse-moi finir mon joint.
 
On t'as déjà dit que t'étais mignon quand tu rougissais ? À moi aussi, tu me plais.
Tais-toi, je veux plus t'entendre.




Némo. 

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Scotch - Chapitre 1. 02/03/2018



« Sur les ailes du Temps, la tristesse s'envole - Jean de La Fontaine  »


Question : Comment exprimer sa tristesse ?
Tout le monde sait la cacher mais pour ce qui est de l'exprimer ? Comment avouer qu'on se sent mal, qu'on a le moral dans les chaussettes et que tout ce qu'on voudrait c'est aller se cacher sous ses draps pour y pleurer ?

Ma mère, elle, ne m'avait jamais montré qu'elle était triste, pas une seule fois. Elle était mon modèle, le genre de femme que j'ai toujours voulu devenir et que je cherchais encore aujourd'hui à devenir. Elle était une battante, une femme courageuse qui avait bien trop souffert de sa tristesse, sans me le dire à moi, son unique fille.

On m'avait dit, une fois, que les gens cherchent à masquer leur tristesse de plusieurs manières différentes. En allant courir, en dessinant, en chantant, en travaillant d'arche pieds ou même comme moi, en écrivant. Si j'aurais été plus futée, j'aurais pu deviner que le truc de ma mère c'était ranger, nettoyer et récurer tout ce qui lui passait sous la main. En tant que fille, j'aurais dû comprendre que malgré son visage fier et sérieux qu'elle pouvait avoir ses moments de désarroi et que pour y remédier, son échappatoire était rendre la maison aussi propre qu'un sous neuf. Du salon sans un gramme de poussières, à la salle de bain qui brillait, en passant par ma chambre qui n'y échappait pas, mais surtout la cuisine.

Dès mon plus jeune âge, je connaissais ces bouteilles chimiques, celles que je n'avais pas le droit d'approcher et encore moins de toucher. Je savais comment récurer la baignoire à l'âge de trois ans, une vraie génie, on disait. À dix-huit ans, je savais presque tout faire, presque. Ma mère ne m'avait jamais appris comment utiliser l'eau de Javel et je pense que si j'aurais su, si seulement j'avais su, je l'aurais empêcher d'apporter le goulot à ses lèvres, le mois dernier.


Nouvelle question : Et l'entourage, comment fait-il pour cacher sa tristesse ?

Pour ma part, je ne savais pas, j'aurais préféré pleurer mais malheureusement non, j'étais en colère, dans une colère noire. Contre qui ? Contre mon père, la raison du suicide de ma mère. Contre cet homme qui n'avait pas versé une seule larme à son enterrement, accroché au bras de ma nouvelle maman, de celle qui couchait avec mon père depuis, à ce que j'ai compris, presque quatre ans. Inutile de dire que la détestais de plus profond de mon être, cela devait être réciproque vu la façon dont elle tentait de m'évincer lors des dîners de famille.

En parlant de famille, ma tante, la s½ur de ma mère, elle, en avait versé des larmes. À présent dès que je voyais Alexandra, c'était son prénom, je remarquais tout de suite ses immenses cernes et ses yeux bouffis de pleurer la mort de sa s½ur adorée. Ne vous mépreniez pas, j'adorais ma tante mais son état me rappelais à quel point j'aurais voulu faire quelque chose, quelque chose pour éviter tout ça. Sa faiblesse donnait raison à mon père, il avait toujours considéré ma mère et les filles de la famille comme étant plus faible et manipulables. Je détestais voir qu'il avait raison.

Nouvelle question : Comment faire pour le après ? Comment apprendre à vivre avec une partie importante en moins ou simplement un gros bouleversement dans notre vie ?

Comment vivre sans une mère ? Personne ne le savait, personne. À la seule différence des autres, moi je savais vivre sans mon père, même si nous vivions sous le même toit.

Par habitude, je ne répondais plus à ses " Bienvenue à la maison" ni à ses " Comment a été ta journée, Marie ?" Il pouvait aller se faire voir, lui et sa politesse, je n'en avais pas besoin. La seule chose que je voulais, mon ultime désire : Déménager, vivre par moi même et surtout très loin de mon père et de cette belle-mère affreuse. Pourquoi ne pas le faire tout de suite ? J'étais encore mineure et jamais ma figure paternelle n'aurait accepté de me laisser vivre dans un taudis, moi sa fierté. Pour mon père, tout le reste sauf notre maison était mal. Il avait construit chaque centimètres de cette maison, la chouchoutant encore plus que moi, sa fille unique, vous y croyez, vous ? Comment ne pas le détester ? À ses yeux, même la qualité de mon lycée était médiocre, le lycée le plus riche des alentours. Il payait une fortune pour qu'on m'apprenne à bien me comporter, à être parfaite, à tout savoir sur le bout des doigts, l'inverse de moi en d'autre mots.
Mon souhait à moi : Être dans un lycée normal et changer. Pas un simple changement de coiffure ou de style, je voulais transformer la Marie blonde et intello en la Marie fêtarde et déjantée, l'exact contraire de ce que j'étais à l'heure actuelle.



Dernière question : Pensez-vous que la mutation de mon père pour Seattle était une opportunité en or ? Devrais-je quitter ma carapace et commencer à vivre comme je l'entendais ?

Réponse : Oui, à cent pour cents.


# Signé Birdie.


Némo.

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Scotch - Chapitre 2 12/06/2018

 
 
 
         - Le chauffeur viendra te chercher à dix-sept heures, devant le portail.
- Oui, Charles.
-...Marie.
- Oui, père.

Un soupire. J'aimerais bien soupirer aussi, soupirer tout l'air de mes poumons et m'envoler comme l'oiseau que j'observe partir au loin. Qui sait, avec un peu de chance, je serais enfin capable de voir ce paysage que l'on appelle Liberté. Le corbeau n'est plus qu'une tâche dans l'horizon, il ne s'est pas retourné une seule fois– Les oiseaux pouvaient-ils seulement le faire ? - et il en n'a sûrement pas eu l'envie. Le devant est une libération, se retourner signifie s'attarder sur un passé. J'étais un autre Blu, je recherchais également ce que j'avais perdu mais je savais pertinemment que c'était impossible. Ma mère ne me serait jamais rendue, je ne pouvais qu'avancer en regardant un ½il sur elle, vers cette étoile perdue dans le ciel.
 
Si j'avais pu être un oiseau, j'aurais choisi, contrairement à l'hirondelle, un perroquet. Mes ailes colorées m'auraient portée à travers la forêt tropicale, vivant selon le rythme des saisons. J'aurais été bleu, comme Blu, mais pas captif, jamais. Je tiendrai à ma liberté, à ce sentiment d'autonomie parfaite, d'aisance idyllique, d'évasion constante. J'aurais été majestueux, ne faisant qu'un avec le ciel, pas comme cet enquiquineur de moineau qui se fondait parfaitement dans la masse grisâtre et brunâtre qu'est la jungle urbaine.
 
Le feu passe au vert, la voiture démarre, m'emmenant vers une destination inconnue. La matinée n'est pas assez entamée pour que j'aie l'espoir de lire certains panneaux, je sais seulement qu'une fois là-bas, ça sera moi face à elle, ma nouvelle école publique. Et oui, malgré que Papounet soit trop riche, trop arrogant pour envoyer sa fifille dans une école publique, Cruella a été assez convaincante pour ne pas m'envoyer dépenser des milliers de dollars. Fini les « Tiens-toi droite », les « Mademoiselle Wriat, surveillez votre langage » et tous ces avertissements de ma professeure de bonne conduite, fini, à la poubelle. Une fois arrivée, Mademoiselle Wriat va s'avachir sur le premier bureau venu, elle va courber le dos et peut-être même ne pas se mettre un premier rang. J'espère que tous les descendants de cette famille bornée se retourneront dans leur tombe devant mon affront au code féminin. Hâte d'y être. Que j'ai hâte.


Bludie
 
        - Fais attention à toi, ma chérie. Si l'un d'eux te bouscule, il tâtera de notre avocat, sois-en assurée.
Après le traditionnel câlin dans lequel ni mon père, ni moi ne nous touchons, je m'éloigne sans un mot vers le portail. Je déteste ces moments, prendre mon père dans mes bras me donne un goût acide au fond de la gorge car Cruella y dort tous les soirs.


J'entends la porte de notre BMW claquer mais elle ne repart pas immédiatement. Mon père a la manie de m'observer partir avant de lui-même partir, on se croirait dans une série américaine où le père rempli de fierté regarde partir sa progéniture adorée aller conquérir le monde. Dans ma série, mon père ne me fait pas confiance et doit s'assurer que je prends bien le chemin du lycée et pas celui du café le plus proche. Après m'être faite découverte après le couvre-feu au Starbucks, Cruella a eu la gentillesse de prévenir môsieur le roi que princesse Fiona n'était pas dans sa haute tour, ce qui m'a valu un mois entier de punition, donc un mois de leçon de conduite et deux semaines sans carte bancaire. Mon absence de carte ne m'a pas touchée, le « Je vais rajouter un dictionnaire » oui. Promis, j'irais fleurir les tombes de Satanas & Co avec des dictionnaires, histoire qu'ils voient le poids d'un Larousse sur les épaules.
 
La voiture part enfin. J'attends de ne plus l'entendre pour dégonfler les épaules, si ça continue, mes épaules garderont cette forme cintrée horrible. Je passe mon sac vide à gauche, la moins douloureuse des deux et repart vers la porte principale avec une démarche moins contrôlée, plus libre. Plus j'approche, plus je me fond dans la masse, j'entends des discussions normales, normales enfin. « On va manger où après ? / Le MacDo ça te dit ? J'suis fauché. » Ça me branche totalement, je goûterais enfin autre chose que ces tartares, huîtres, caviars et j'en passe. Fini la gastronomie, les portions minuscules et l'eau plate, place au fast-food.
J'avance encore, deux filles se prennent dans les bras, criant des « Tu m'a manqué ! / Toi aussi ! », voilà à quoi devrait ressembler un câlin. Est-ce que, avec un peu de chance, quelqu'un va me dire des choses telles que «  Tu m'as manqué » ou « Ça fait du bien de te revoir » ? Peut-être, qui sait.



Roosevelt High School sera mon nouveau lycée, un vague souvenir du président américain me fait savoir à quel point Papounet n'a pas voulu m'inscrire n'importe où. J'entre et lis sur le tableau de bienvenue : PRIDE : Passion, Respect, Intergrity, Determination, Excellence”, ça promet. Respect ? Mon père devrait définitivement suivre ces cours-ci, ma mère en avait mérité, du respect. Autour de ce tableau est placé un groupe de personnes, des élèves si j'en crois leur badge, tout sourire.
 
L'un d'entre eux s'approche de moi, souriant déjà comme si j'étais une vieille amie.
    - Bienvenue au lycée Roosevelt, nouvelle tête ! Je suis Jean, dernière année.
    - Marie Wriat, je réponds sentant mes lèvres s'étirer devant cette boule d'énergie que semble être mon senior. Troisième année.
    - Enchanté Marie ! Il me prends soudainement dans ses bras, est-ce une manie de se prendre sans cesse dans les bras dans cette école  ? Est-ce que t'aurais b'soin d'aide pour te repérer dans notre fabuleux lycée ?
 
Jean est beau, grand et souriant. L'archétype du senior intelligent, attentionné et - je devine - certainement populaire. Je secoue positivement la tête, soulagée de m'être rapprochée aussi vite de quelqu'un de cette école. Je ne serais pas totalement seule, ou du moins pas pour les dix prochaines minutes.
 
Bludie
  
C'est avec son numéro gribouillé sur un post-it que Jean me laisse devant ma première salle de cours. « Appelle-moi si tu te perds », je souris en le remerciant timidement. Le stress monte, je suis devant la porte qui m'ouvrira à un nouveau monde. Rappelles-toi Marie, pas le premier rang, relax tes épaules, souris mais pas comme une idiote mais surtout, n'ouvre pas ta bouche.
    - T'entres ou ça se passe comment ?, fait une voix féminine dans mon dos, me faisant sursauter.
    - D-Désolée...J'ouvre la porte et avance rapidement, la laissant passer.
       
Le brouhaha de la classe s'atténue, me suis-je déjà faite repérée ? J'avance, les jambes serrées vers une place vide à partir du deuxième rang. Malgré que j'aie les yeux baissés, j'entends des chuchotements « Tu l'as connais elle ? / Jamais vu » ou encore « On a encore le cas social dans notre classe, génial » Moi, un cas social ? Je relève la tête, vexée. Alors que je m'apprêtais à répliquer, je découvre que la remarque ne m'était pas destinée, elle était pour la fille derrière moi. Je la cherche des yeux discrètement et 

woaw.

C'est une punk, une très jolie punk. Son look tuerait probablement sur le coup ma prof de bonne conduite tant il est excentrique : Un mélange entre les Docs Martins bleues comme la nuit, les jeans troués, la veste en cuire et les piercings. Je devais définitivement l'emmener avec moi, lors de ma visite au cimetière. La superbe blonde maquillée telle une pro portait une dizaine de piercings, surtout à des endroits horriblement sensibles. D'où je suis, je ne parviens pas à tous les voir mais j'en vois beaucoup sur ses oreilles - dedans aussi ? -, un anneau épais argenté entre ses narines et, à ce que je vois, une boule dans la joue. C'est une vue effrayante mais absolument superbe.
 
En trois mots : mon contraire absolu. J'ai horreur de la douleur, elle ne semble pas y faire attention ; je suis introvertie et elle, extravertie au possible ; elle a de l'assurance, moi non mais surtout, elle semble libre.

Sans que je ne puisse la lâcher des yeux, le brouhaha reprends. Les discussions reprennent, ils m'ont oublié aussi vite que je suis arrivée, c'est peut-être bien d'ailleurs. Deux filles assises côte à côte, une blonde trop maquillée et une rousse avec un chignon gigantesque sur la tête, très jolies, chuchotent en regardant certains garçons entassés dans le fond de la classe. « Lequel cette fois ? », okay je vois le genre. Mais bon, la rousse semble différente de la blonde, elle dégage quelque chose de plus rassurant, plus...amical. Marie, ne juge pas, oublie pas, tu n'es pas sur ton territoire de princesse pourrie gâtée. Je n'ai pas eu assez d'amies pour me permettre de faire la difficile donc je détourne le regard, leur laissant une intimité que j'ai probablement violée en les écoutant bêtement.

De l'autre côté, à droite, un «  n'empêche, elle est canon... » me parvient à l'oreille, dit suffisamment fort pour que je puisse l'entendre. Ici je ne fais rien de mal, j'entends, je n'écoute pas. Curieuse, je découvre un garçon regarder dans ma direction, pris sur le coup vu l'expression paniquée qu'il a et ses joues qui rougissent à vue d'½il. Serait-ce pour moi.. ? Je souris faiblement, flattée. Sourire qui semble l'atteindre vu qu'il baisse rapidement la tête, comme honteux. Il est plutôt mignon. 

Soudain, j'entends un prénom qui semble coller à la mystérieuse punk. Ce n'est pas une Éléonore, ni une Diane, mais une Sarah. Un prénom qui a du potentiel, un prénom qui pourrait raconter la difficulté de la traversée du désert du Sahara, la chaleur et la sécheresse qu'un voyageur doit braver sous quarante degrés de soleil aride. La blondeur de ses cheveux est diamétralement opposée au doux blé des champs de culture, cette blondeur-ci raconte autre chose, elle semble fausse colorée, teinte. Le genre de blond que l'on se fait sur un coup de tête, après avoir eu les cheveux d'un brun ennuyant pendant des années, l'inverse de mon blond à moi, un vestige de mes années de prison familiale, douloureusement sentimental. Son regard est comme celui de cet oiseau que j'ai vu au loin, dirigé vers l'avant, fier et déterminé. Elle est nonchalante mais intéressée, comme si elle contrôlait ce qui l'entoure, telle une araignée devant sa toile. La liberté s'échappa de partout, j'en prenais plein la vue. 

J'avais peut-être trouvé le premier prénom pour ma liberté, elle serait une Sarah, une Sarah blonde comme le désert, juste sous mes yeux, mais inatteignable, comme le haut de cet arbre que mon perroquet visait de toutes ses maigres forces. 

     - Pourquoi tu me regardes comme ça au juste ?, fait une voix qui balaya mes pensées comme une tornade de           sable, me laissant profondément surprise de la voir devant moi alors que je ne l'avais même pas vu bouger. 
     - Je...bredouillai-je, prise au dépourvu,...euh...
     - Tu as quelque chose contre moi ? Fait-elle durement, presque agressive. 
     - Non...Bien sûr que non. Continuai-je en rassemblant ma tête, tu...enfin tu...
     - Je ? Répète la blonde, les sourcils arqués. 
     - Tu viendrais prendre un café plus tard ? 

Un silence se fait. Je ne voulais plus rester seule dan mon coin, discrète, je ne voulais plus ne plus oser, je voulais la connaître, aujourd'hui. Elle commence à rire, surprise aussi. Elle m'observe attentivement et sans savoir quoi faire, je souris timidement, le stress me faisant appréhender difficilement sa réponse. Elle s'approche de mon oreille, sans faire attention au reste de la classe qui semble prêt à crier sous le choc, et murmure à mon oreille : 


« On ne m'avait jamais dragué aussi vite et surtout dans une salle de classe, mais d'accord, va pour un café. » 

 

Histoire de préparer les prochains chapitres : 

Que penser de la relation père-fille, semble-t-elle perdue à jamais ? 
Que penser de Jean, le senior qui semble un peu trop parfait ? 
Est-ce que le garçon timide parlait-il réellement à Marie ou s'agissait-il juste de la gêne d'avoir été entendu par une inconnue ? 
Et Sarah, semblait-elle aussi sauvage que Marie l'imaginait ?
Sera-t-elle la clé qui la libérera de sa prison ? 
 

Némo.

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